C'est à la dernière minute que j'ai appris que, finalement, moi aussi j'aurai le bonheur de connaître la salle mythique de l'Olympia ce 26 Juin 2009, un an jour pour jour avant le tant attendu Stade de France. Surprise oblige, c'est la veille que j'ai dû m'organiser, et le lendemain 8 heures tapantes, j'étais bel et bien devant le bâtiment de ce bon vieux Bruno Coquatrix. Trêve de plaisanteries, venons-en au déroulement de la journée. Notons d'abord que l'attente avec les fans est toujours un plaisir. Comme à l'habitude, une ambiance bon enfant, des récits de nos concerts passés, des discussions sur nos concerts à venir, des propos échangés sur les artistes que nous aimons (ou que nous n'aimons pas) et tant d'autres choses encore que la journée file bien assez vite. Je salue au passage une organisation irréprochable de la part des vigils : numérotation des personnes par ordre d'arrivée, vérification du respect de cet ordre pendant la journée, déplacement par petits groupes jusqu'aux guichets pour le retrait des dits bracelets (vous savez, ces fameux petits bracelets orange fluo, de ceux qu'on vous attache au poignet et qui ne vous quittent plus, ces mêmes petits bracelets qui, non contents de vous faire accéder au concert, refoulent les spécialistes du marché noir...).
Venons-en aux faits : Il n'est pas encore dix-neuf heures quand les portes s'ouvrent. C'est reparti. Je franchis la grande porte, surplombée par les lettres rouges scintillantes « Indochine – Météor tour – Prélude ». La voilà, cette nouvelle république que nous attendions tant. Le météore semble prêt à s'écraser, pour à nouveau nous faire profiter des joies de la transpiration dans la fosse, des corps collés les uns aux autres et de la musique brûlant nos tympans. Je cours comme à mon habitude, parce que mine de rien, le sprint jusqu'à la fosse fait lui aussi partie des joies du concert. Encore quelques places sur les côtés au premier rang, mais je préfère de loin le second rang au niveau de l'avant scène. En guise d'attente, nous voilà plongés dans un univers enfantin, avec en bruit de fond, une mélodie digne de Disneyland.
Il doit être environ 20 heures quand les lumières s'éteignent une première fois. Asyl entre en scène. Ces jeunes venus de la Rochelle ne me semble pas inconnus. Forcément, puisqu'ils avaient déjà honoré les premières parties d'Indochine. Rien de bien mirobolant à mon goût mais ils ont du talent et le public, petit à petit, se chauffe, et s'échauffe. Les rangs se resserrent, la pression monte. L'impatience de certains se fait sentir, tandis que dans les gradins, Zégut prend des photos. Finalement le groupe s'éclipse, non sans avoir joué le fameux « Intérieur – extérieur » qu'une majorité reprend en c½ur.
C'est l'entracte. Entracte bien longue à mon goût. Pourtant les mécaniciens, les ingénieurs du son et tout le staff s'affairent, mais l'impatience me fait trépigner. Cette fois ça y'est, le rideau est suspendu. Je distingue derrière un décor sobre mais très joli : le zeppelin de la pochette de l'album. Dans la fosse et aux balcons, la tension est palpable. Cauet, dont on connaît tous l' affection pour Indo, entre et gagne sa place, ce qui excite encore un peu le public. Il paraît que Dieu a dit « que la lumière soit », et la lumière fut. Mais cette fois la lumière s'est éteinte. Nous voilà tous partis bien loin de la planète terre. Les premières notes retentissent tandis que les chaires se collent, s'accolent et se bousculent.
L'introduction est pesante, oppressante. Nous attendons tous cette tombée de rideau tandis que les hauts parleurs font retentir un bruit assourdissant, quelques voix mêlées, quelques crépitements... Puis, la mélodie débute enfin. C'est Electrastar qui verra tomber le rideau. Désormais le public ne fait plus qu'un. Rien de plus jouissif que de retrouver cette communion. Dès les premières notes la salle est embrasée, le public est ce que l'on peut appeler « chaud-bouillant ». Le rideau s'éclipse, nous dévoilant ceux que l'on ne nomme plus et que nous avons tant attendus depuis l'au revoir d'Alice et June. Ils sont là, les boys. La chanson m'est encore plus forte émotionnellement qu'à l'habitude. Les mains se lèvent, les corps ondulent. S'en suit Marylin, et là, la fosse implose. Nicola s'avance pour retrouver ce public qui ne se lasse pas. Les mains se tendent. L'instant est beau, quasi parfait.
Républika fait une entrée remarquable dans la set-list. Il me paraissait évident de retrouver ce morceau sur scène, mais l'entendre de mes oreilles en cet instant me comble. Il me semble que ce morceau est taillé pour la scène, et je ne serai pas étonnée qu'il devienne incontournable. Et puis, s'il y a bien un instant qui a eu le mérite de me coller des frissons (et pourtant dieu sait si les instants d'émotion furent nombreux), c'est bien le passage «résonne, qui entend les cloches qui sonnent, à nous aussi on détruira nos envies, mais aussi nous on restera père et droit ».
Les chansons du nouvel album s'enchaînent. Little dolls, Junior song... Délectables. Ces morceaux sur scène sont tellement...tellement... tellement Indo ! A plusieurs reprises Nicola s'avance vers le public. L'échange est là, nos c½urs reprennent les refrains à l'unissons tandis qu'il tend le bras. Nos mains s'éffleurent, se carressent. Comme toujours, c'est magique.
Atmosphère étouffante mais orgasmique sur Playboy, morceau également taillé pour la scène avec un public chaleureux et heureux de reprendre en c½ur les « ooh ooh mais qu'est-ce que j'ai fait (...) ». Ambiance directement relayée par Punker dont on ne s'étonnera plus des « est-ce que tu viendras faire... ». Le lac viendra apaiser quelque peu les chahuts.
Une mention spéciale pour...le Manoir. Quel bonheur de trouver cette chanson dans la set list ! morceau que, personnellement, j'ai toujours rêvé d'entendre en live. Voilà qui est fait. Nous ne rappellerons pas non plus l'émotion sur « j'ai demandé à la lune », morceau qui lui non plus ne me lasse pas. La lettre de métal nous amène au summum de l'émotion, avec des paroles magnifiques et une instrumentale parfaite. Un grand moment, directement suivi d'un ange à ma table. Et là, moment magique, l'arrivée sur la scène de la jolie Suzanne de Pravda que l'on ne présente plus. Sacré duo, ambiance de folie, bref, là encore une mélodie taillée sur mesure pour les concerts.
Bien évidemment on retrouve la présence d'un medley... et quel medley ! Un mélange de You spin me round, Canary Bay, des fleurs pour Salinger... Une impression de rebasculer dans l'époque Paradize, ce qui en soit est bien plus que « pas déplaisant ».
Le set accoustique fait retomber les tensions. Nicola réclame la mise en marche des ventilateurs pour le public et demande une distribution d'eau tandis que les fans, ravis par la soirée, entonnent un « joyeux anniversaire ».
Si je dois retenir une chose du set acoustique, malgré que le tout fut superbe, c'est bien le débarquement de Kao bang en live. Et là, j'ai envie de dire « Putain ! ». C'est bon, trop bon. Jamais je n'aurai imaginé autant apprécier ce morceau en concert. Ce fut une belle surprise, une bien jolie découverte.
Encore une ou deux chansons dont la sublime Bye bye Valentine, et ce sont les premières notes de l'Aventurier qui retentissent déjà. Ca sent la fin. Mais la chanson est inépuisable, toujours aussi intense.
Comme toutes les bonnes choses ont une fin, le dernier jour est arrivé. A nos âmes dans la nuit... Les émotions sont décuplées, le public survolté. Les battements de mon c½ur s'accélèrent. Pour un peu j'en pleurerai, tant c'est bon.
Mais rien n'est fini, tintent encore dans ma tête les notes de je t'aime tant, jolie mélodie à l'initiative d'Elli et Jacno superbement réinterprétée pas Indo. Un de mes coups de c½ur de l'album d'ailleurs.
Cette fois tout semble fini. Enfin presque... Nicola ressurgit, et prend place derrière un synthétiseur. Grande surprise pour ma part. Tom et Jerry, superbe chanson cachée de l'album. Je pense que ce concert ne pouvait pas mieux finir que sur cette note d'émotion. Un dernier adieu, et on se salue les uns les autres. A présent, il faudra attendre la rentrée, car les boys disparaissent. Le concert est fini. C'est terrible de constater qu'encore une fois, tout a passé trop vite. A croire que le bonheur soit vraiment éphémère. J'avais appris en philosophie que le bonheur est dans le juste avant, dans l'instant où l'on n'a pas encore perdu ses désirs mais où l'on échappe à la frustration... Eh bien ce soir là, j'ai bel et bien échappé à toute frustration, ils étaient là. L'angoisse, le manque présent durant l'attente avaient disparu, laissant place à une excitation. A présent il faut recommencer.
Le météor s'est écrasé, et croyez moi, il n'a pas fini de faire chavirer nos c½urs.
Et vous, vous y étiez ? Vos impressions ?