Nous y sommes. 11 Mars 2006. La tournée a débuté depuis quelques jours déjà et me voilà dans cet univers que j'ai de nombreuses fois imaginé. Plus moyen de reculer. Entassée telle un troupeau de bovins, la masse de la fosse m'envahit, m'entoure et m'opresse. Je suis au deuxième rang. Devant moi, la scène, sombre et cachée d'un rideau dont je ne connais l'utilité. Derrière, des milliers de personnes qui compressent mon dos. Pas très hautes sur mes jambes, j'apperçois tout de même une petite demoiselle qui, frappant dans un tambour, donne le rythme. Ce sont les premières notes de Dunkerque, je les reconnais. Le rideau tombe, me dévoilant un jardin de conte de fées. Je le vois. Lui, ce groupe que j'ai tant imaginé, que je ne connaissais que par vidéos et photos... Les larmes troublent ma vision. J'ai la gorge nouée. Je ne vais quand même pas me mettre à chialer, il faut que je me ressaisisse. L'instant est magique. Entre temps j'avais connu d'autres concerts, mais jamais aussi grand spectacle ne s'était offert à mes yeux. Les mélodies sont tantôt douces, tantôt entraînantes. Je découvre un Nicola qui me semble bien mystérieux, un Oli plus doué que jamais. Quand au show de Boris, au jeu de Matu et François, ils sont parfaits. C'est en tout cas l'impression qui m'envahit. Je suis prise dans un tourbillons de notes, de cris, de bousculades... Le bonheur, si petit instant qui me file sous le nez. C'est déjà finit et je m'en remet à peine. Tout s'est déroulé comme un flash, un éclair. Tant de temps à attendre, et voilà que tout est aparamment terminé, si tôt... Pour ne pas m'arrêter en plein rêve et connaître une chute brutale je connaîtrai Beauvais. Mon premier concert contre la barrière, face à la scène. Ce soir là, j'ai prit un sacré claque en pleine figure. Après avoir vu ça on peut bien mourir tranquille croyez moi, car on se dit que l'on a vécu un moment fort qui en valait la peine. Lille. Le dernier semble-t-il. C'est dans cette ville que je suis censée faire mes adieux à Alice & June. Difficile. Alors je ne prend pas garde aux bousculades et je me laisse porter, gardant tout de même la barrière. Les projecteurs dans le visage, et à quelques mètres à peine, un groupe qui n'a jamais autant donné sur les scènes que j'ai connu. On parle du public Nordiste mais croyez moi ce n'est pas un simple mythe, c'est bel et bien la réalité. L'accueil est plus qu'enthousiasme et les émotions du public décuplées. Les chansons défilent. La partie Rock est plus que jouissive, le set accoustique est à vous arrêter le coeur, comme pour faire taire les "boum-boum" de votre poitrine qui acompagnent le magnifique Salombô. Avant de laisser un final assez controversé prendre le dessus, Mao Boy vient encore faire danser les plus déchaînés. Puis les premières notes d'une chanson que je suis sûre vous connaissez... Mademoiselle Talulla vient nous arracher les boys. Pas avant une dernière étreinte. Sans trop comprendre, je regarde le vigil qui plonge ses yeux dans les miens, jette un coup d'oeil à la scène et me saisit par la taille. Et là tout va très vite, vous vous retrouvez dans le courant Est Australien de Nemo, dans le canon de space mountain, dans la vague de Poséïdon ou que sais-je encore... Vous sentez quelques coups de pieds dans vos mollets, puis vous vous voyez hissé sur la scène. Sûrement que je marche sur du coton à cet instant car le sol me semble instable, la salle apparait devant moi vertigineuse, je distingue tout juste quelques visages qui m'observent. Et je vois celui de Nicola face à moi. Inutile de vous raconter les émotions qui m'envahissent quand je sens ses bras m'entourer. C'est indescriptible. Aller au fond de la scène retrouver les autres musiciens est tout autant extraordinaire. Je suis consciente de ma chance bien évidemment. Pourtant je ne m'en vante pas. Je veux juste expliquer à quel point le groupe est généreux envers son public. Talulla était devenu une folie furieuse à la fin de la tournée, certains étant prêts à s'entretuer pour accéder au "câlin". Pour moi ça a été la plus belle manière de quitter Alice et June. Quitter le groupe aussi ? Pas si sûr... Rendez-vous à Arras.
Un moment fort que vous avez vécu en concert ?